Le Sexe, c’est Tabou

Le Sexe, c’est Tabou

Aaaahhhhh le SEXE! Quelle partie importante dans la vie de l’être humain! Comme manger et dormir. Comme une drogue hallucinante qui enivre l’imaginaire! C’est si bon et exutoire! N’est-ce pas?!

Et avec raison!

Alors, pourquoi est-ce si malaisant, si intimidant d’en parler?

Peut-être parce que le milieu dans lequel on grandit nous dicte et influence nos perceptions, nos actions et nos choix. Et que cela devient ancré dans notre subconscient.

Je suis d’une génération où l’église avait un certain contrôle sur les foyers, où les parents géraient leurs enfants dans le secret avec des méthodes aujourd’hui considérées inappropriées, voire violentes, où les enfants étaient soumis à leurs parents, où les émotions n’avait pas le droit d’être exprimées et où les questions « pointues » demeuraient sans réponse et les explications vagues. Je suis de cette génération où le sexe est tabou : on ne peut et ne doit pas le mentionner. Tout comme les menstruations.

Que j’ai eu de la misère à assumer et accepter ma vie sexuelle et mes désirs!

Alors quand fut le temps de « découvrir » et de « vivre » ma sexualité, ce fut par essais-erreurs, par soumission pour plaire à ceux qui semblaient savoir ce qui était vrai et juste, je leur ai dévouer ma confiance en refoulant mes émotions. Mes connaissances étant limitées et imaginaires, je me disais que je n’étais pas normale quand je n’aimais pas certaines positions puisque l’autre avait l’air d’apprécier et voulait recommencer. Je n’avais aucune idée de ce qu’il fallait faire, comment agir et ce qui était sain pour ma relation de couple. J’ai donc séparé mon moi en 2 : le corps et le mental.

J’ai longtemps considéré ma vie de jeune adulte comme étant de la merde. Très critique face à moi-même, à me traiter de noms dévalorisants. J’étais malheureuse de ne pas être « comme les autres », discours qui trottait constamment dans ma tête. J’étais mon pire ennemi.

Je n’osais pas exprimer mon inconfort et mes doutes. Je me sentais seule, naïve. J’en suis devenue introvertie. Pour ne pas déplaire à l’homme avec qui j’étais en couple, je me suis soumise. Personne ne m’avait appris qu’il était important de verbaliser et que j’avais le droit de dire « non » à ce qui me dérangeait, que j’avais le droit d’avoir des visions et opinions différentes.

Conséquences : je me suis refermée, j’ai refoulé mes émotions, mon estime de soi était nulle et j’avais des pensées noires. Un mécanisme de défense qui m’a longtemps accompagné dans mes relations, tant amoureuses que sociales. Plusieurs relations ont fini par foirer et j’ai voulu les enterrer creux-creux au fond de mon être. J’ai noyé mes blessures dans l’alcool. J’ai abandonné mon corps à n’importe qui le voulait. Je me suis effacée de ma propre personne. J’ai pris un rôle qui n’était pas le mien. J’ai fait semblant d’être forte et en plein contrôle de ma vie, mais je me mentais à moi-même… Il ne fallait surtout pas que ça paraisse que j’étais incompétente!

À la mi-vingtaine, j’ai rencontré le père de mon enfant. Qui m’a aimé et a su tirer le meilleur de moi. Il m’a vue telle que j’étais : blessée, mais aimante. Malgré mes « défaillances », il m’a fait confiance, s’est intéressé au vrai moi et m’a appris que c’était sain de parler et de se confier. Nous avons été presque 10 ans ensemble. Il m’a ouvert l’âme et le cœur, sans jugement, sans mépris. Il m’a montré comment être dans une relation. Il m’a enseigné le respect de ma personne et de ma sexualité. Il m’a permis de retrouver une certaine confiance intérieure et je lui en serai toujours reconnaissante.

Aujourd’hui dans la quarantaine, j’ai encore des craintes. Je sais que ce sont des séquelles de mon passé, de mauvaises expériences qui m’ont perturbé la conscience et brouillé la confiance en soi. Ce sont des cicatrices qui ne s’effaceront jamais.

Je réalise maintenant l’importance de communiquer mes besoins et mes émotions à mon entourage. Je l’apprends sur le tard. Je suis souvent malhabile pour le faire. Et dans les confidences, le regret peut hanter mon esprit, ce qui me freine dans l’expression de soi et là, c’est inévitable, je vis une rechute intérieure vers l’autodénigrement. C’est un sentiment puissant que je dois combattre afin de ne pas sombrer et perdre le contrôle de mes pensées rationnelles.

Je suis présentement en relation avec un homme que j’adore. Pour lequel je suis capable d’oublier mes blessures, le temps d’un moment. Pour lequel je me permets d’être moi-même et de parler. Ce n’est pas parfait. La vie à deux n’est jamais parfaite. Mais elle chemine et évolue. Cette relation, je veux qu’elle fonctionne. Je veux lui parler, lui confier mes états d’âme, mes craintes, mes moments de détresse psychologique. J’essaie. Les mots ne sont pas toujours les bons, mais j’essaie. Je lui dis ce que j’aime et ce que je n’aime pas. J’ose même parler de certains fantasmes.

J’ose croire qu’un jour, je serai totalement résiliente et en paix avec ce passé si houleux. J’ose croire qu’un jour, je serai meilleure pour m’exprimer et que je serai confiante de ma personne. J’ose espérer que l’homme que j’aime continuera de croire en moi et comprendra mieux mes moments nébuleux. J’ose espérer qu’un jour, je pourrai laisser mon passé là où il doit être et que je pourrai regarder devant sans me retourner. Et du plus profond de mes entrailles, je souhaite vivre ma sexualité sans tabou et sainement avec l’homme que j’admire et que j’aime sincèrement.

partages en privée

Share on facebook
Share on pinterest
Share on twitter
Share on stumbleupon
Share on linkedin
Share on whatsapp
Share on email
Share on facebook
Share on twitter
Share on stumbleupon
Share on linkedin
Share on whatsapp
Subscribe
Notify of
guest
0 Comments
Inline Feedbacks
View all comments

Autres textes d'opinion

0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x

you look so young!

are you over 18?

This website contains material that may not be suitable to some viewers. By entering this site, you are acknowledging that you are at least 18 years of age, are not offended by information or images associated with nudity and sexual content. You accept full responsibility for viewing this content.